Recyclage et upcycling : une problématique commune, deux solutions différentes

Recyclage et upcycling : une problématique commune, deux solutions différentes

- Catégories : Upcycling

Leur mission : éviter l’épuisement des ressources

Un certain Kenneth Boulding, économiste de son état, a dit ceci : « Celui qui croit que la croissance peut être infinie dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste. »

Or, c’est bien cela le problème : nos ressources se meurent. Tandis que l’industrie dans son ensemble continue sa course effrénée à la production, les ressources, elles, s’épuisent inexorablement. La surconsommation humaine entraîne l’épuisement des ressources végétales et minières ainsi que l’extinction des espèces animales. 

Bilan guère réjouissant, n’est-ce pas ?

Et voilà que sont apparus le recyclage et l’upcycling. Bon, pour être tout à fait honnête avec vous, le recyclage existerait depuis l’âge de bronze et l’upcycling, aux origines plus floues, aurait vu son terme apparaître dans le milieu des années 1990.

Leur credo : créer du neuf à partir du vieux. Contre-pied d’une extraction des ressources qui se croit infinie, ils sont deux des maillons de l’économie circulaire. Le recyclage comme l’upcycling ont pour objectif de préserver les ressources en évitant d’utiliser de nouvelles matières premières et cela en utilisant les objets déjà produits.

Et c’est précisément sur la manière dont ces deux méthodes utilisent les objets déjà produits qu’elles sont complètement différentes.

Pour mieux comprendre, nous allons prendre comme fil rouge, non un fil rouge mais, une bouteille en verre.

Le recyclage : réutiliser la matière

Commençons par le recyclage. Vous avez peut-être le schéma en tête : notre bouteille en verre est jetée dans le conteneur dédié, le contenu de celui-ci est récupéré par un camion, le camion apporte tout son butin dans un centre de tri, la bouteille circule sur un tapis roulant pour un tri manuel effectué par des opérateurs, le verre est ensuite fondu et une nouvelle bouteille en verre est créée. Et ainsi de suite, la boucle est bouclée (nous schématisons, car dans la réalité, c’est un peu plus compliqué).

Le recyclage est un procédé industriel qui consiste à détruire des produits et matériaux pour en récupérer la matière première :

  • du papier pour refaire du papier,
  • des bouteilles en verre pour refaire des bouteilles en verre,
  • des bouteilles en plastique pour refaire des bouteilles en plastique, etc.

Parfois, ces matières peuvent permettre d’en créer des nouvelles, mais vous avez l’idée.

L’upcycling : détourner les objets

Alors qu’en est-il pour l’upcycling ? Autrement appelé surcyclage, ce qui ne serait pas pour déplaire à l’Académie Française, il signifie « recycler par le haut », ce qui donne une bonne idée des vertus de cette méthode, vous allez comprendre.

L’upcycling est le fait d’utiliser un objet ou une matière qui existe déjà et de lui apporter une valeur supplémentaire en transformant son usage premier. Reprenons l’exemple de notre bouteille en verre. Avec l’upcycling, elle se transforme en vase et change alors de fonction. Sa valeur ajoutée repose sur :

  • sa singularité : rappelez-vous le célèbre tableau de Magritte « Ceci n’est pas une pipe », eh bien dans notre cas, notre bouteille n’est plus une bouteille !
  • son esthétique : chacun ses goûts nous diriez-vous… c’est exact. Mais il est tout aussi vrai que la recherche du beau est très souvent à l’œuvre dans le détournement.

L’un valorise, l’autre exclut

Maintenant, impossible pour nous de ne pas comparer les deux techniques. Et sans suspens, l’un remporte de loin les lauriers. 

Prenons le secteur de l’habillement, très peu de nos vêtements sont recyclés : seulement 1 % selon la Fondation Ellen MacArthur. Le recyclage n’est donc pas une technologie très productive. En plus de ça, elle n’a quasiment aucun impact sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre. Pourquoi ? parce qu’elle ne peut économiser que sur la production de la matière, et pas sur celle de l’énergie. Et cela parce que le nouveau produit passe par le même processus de fabrication.

Pour l’upcycling, c’est tout autre chose. Nous ne sommes plus sur un procédé industriel chimique lourd, mais dans des ateliers de confection, si l’on reste dans le domaine vestimentaire. Modéliser, nettoyer, défaire, découper, parfois réparer, coudre, assembler, etc. Cette fois, c’est la création qui est à l’œuvre. 

Et loin de rester cantonné entre les mains d’experts dans le cas du recyclage, l’upcycling est à la portée de tous. De plus en plus de marques se le sont approprié, mais peu s’y mette réellement.

Concernant la méthode, alors que le recyclage exclut, car certaines matières et objets ne sont pas conformes aux opérations de transformation et contraint l’objet à son procédé industriel, l’upcycling valorise l’existant. À la différence du recyclage, ici nous nous intéressons non seulement à la matière, mais à l’objet dans sa globalité. Presque tout peut être réutilisé. L’upcycling s’adapte ensuite aux objets : contourner les défauts, adapter les procédés de création, mettre en valeur la matière, etc. On s’intéresse à l’objet dans sa globalité, on fait avec ce que l’on a déjà. La créativité et l’originalité sont maîtres. On fait évoluer l’objet en repensant son utilisation et la créativité naît de la contrainte imposée par la matière.

Alors que nous nous trouvons actuellement dans une phase de transition entre un système qui s’essouffle et un autre que l’on souhaite plus durable et dont on essaie de déterminer les contours, le recyclage représente déjà une tentative de solution. L’upcycling, lui, ouvre sur une multitude de possibilités. Et ce moyen de production pourrait bien être le commencement d’un nouveau mode de consommation plus vertueux.

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